« Mouvement Pour une Parole Politique des Professionnels du travail social »*.
Devant le projet de parler d’une seule parole nous aurions dû nous alarmer, sommes-nous invités à un débat, une élaboration collective ou enjoints d’intérioriser cette parole politique ?
Dès l’ouverture du week-end, la parole s’est vue cadrée, hiérarchisée, excluant nommément tout autre propos collectif que celui des organisateurs. Simplement nous avions toujours pensé qu’il existait une différence entre le discours et la parole. La parole n’est-elle pas celle du sujet quand le discours peut, lui, posséder une dimension collective ? Quelle était donc l’ambition de ces rencontres pour produire une parole politique ? Nous pensions en effet que la co-production avait comme condition sine qua non la reconnaissance de l’intérêt de la multiplicité des opinions. Or dans le cadre des ateliers thématiques, la réflexion sur la formation semblait pouvoir se passer des points de vue des étudiants présents et des collectifs militants, et la réflexion sur les pratiques socio-éducatives de ceux des personnes accompagnées.
Autant l’annoncer tout de suite, le projet n’était pas si audacieux, nous avions deux jours pour écouter et agréer.
Nous pensions assister à des débats, nous avons assisté à l’exposé magistral du pontificat du militantisme nostalgique. Autrement dit, « c’était mieux avant ». Mélancolique constat difficilement vérifiable qui semble posséder cependant une légèrement tendance à l’hypotrophie de la pensée. Exposé aussi soutenu par un étalage du mal être des travailleurs sociaux qui, plutôt que de mettre leur espoir dans la résistance, persistent et signent à vouloir faire remonter les conditions abominables de leur travail aux autorités.
Leur solution à tous les ennuis du travail social :
Se contenter de conserver les anciens bastions, institutions et fonctionnements de l’époque fleurie. D’ailleurs, puisque l’actuelle et regrettable Direction générale des affaires sociales va disparaître, ils souhaitaient s’auto proclamer ″DGAS exhilée″.
Leur credo :
Le lobbying politique et l’institutionnalisation de la plainte des travailleurs sociaux.
Au passage, remarquons la technique éprouvée pour se faire entendre :
Faire taire les trublions et autres du premier rang en évitant de faire un quelconque lien entre les interventions puis en brimant le droit de réponse.
En résumer, un message clair et encensant semble délivré à l’assistance subjuguée :
Aliénez vous, nous savons ce qui est bon pour vous !!!
Reconnaissons-le, nous sommes sortis penauds. Nous nous demandions pourquoi organiser des journées si il n’y a pas de débats. Nous nous demandions ce que nous faisions là tous assis en rang d’oignons à suivre leurs directives préétablies. Et nous avons compris : nous avions trouvé des Représentants …
Le collectif Restons Vigilants, MDN (Malades Des Nerfs), toujours Véner.
*A l’initiative de la Conférence permanente des organisations professionnelles du social (CPO), du Mouvement interdisciplinaire pour un humanisme laïc (MIHL) et de 7.8.9 Radio sociale.