Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 15:02

Le collectif NRV de travailleurs sociaux en formation et salariés souhaite réagir à l'arrivée du défenseur véhément de l'identité nationale au ministère des affaires sociales. Vous aurez reconnu Brice Hortefeux.

RévoltéEe par le symbolisme d'une telle décision et par les promesses de ravage de cette nomination:

Nous vous invitons à la fausse inauguration festive (et officieuse ) d'une place en son honneur. Nous espérons nous y retrouver nombreux-ses afin de créer du lien et de faire converger nos luttes. Toutes initiatives seront les bienvenues pour alimenter la déconnade de rue.


 Aussi, Hortefeux n'ayant pas subi les effets récessifs  de la crise - Rafles multipliées, top record des expulsions, un Golden sans pap' lui sera triomphalement décerné.


Nous vous attendons donc, samedi 14 février à 15 heures place Fréhel à Belleville, Paris XXeme.

 

 

_____________________________________

 

Place Brice Hortefeux
Ancien ministre de l'Immigration, de l'Identité Nationale et de la délation,
Nouveau ministre du Travail, des Relations Sociales et de la Peur,
Prix du Golden Sans-Pap'2009 pour son record de 29796 expultions.

_____________________________________

Article L'Huma du 16 Janvier 2009

 

 

_____________________________________

 

Pour l'occasion nous vous présentons le Discours d'inauguration de la place Brice Hortefeux, fait à Belleville, le 14 février 2009.

 

 

Mes chers concitoyens,
C’est avec émotions et une joie non dissimulé que je me joints à cette inauguration qui a lieu aujourd’hui dans ce quartier qui pendant trop longtemps à échappé à l’identité nationale. Nous gardons d'ailleurs un souvenir ému des rafles qui ont été menées ici même, ce n’est pas peux dire que le quartier de Belleville a contribué largement aux beaux résultats que nous avons obtenu en matière de reconduite à la frontière.
Avec cette Place Brice Hortefeux, c’est une politique à la fois ferme et humaine qu’on honore. Comme nous le disions le 3 octobre 2007 : « notre politique ne se résume pas à un chiffre 25 000, ni à trois lettre ADN, être le ministre de la loi suppose d’être celui du cœur », et je vous assure que j’ai travaillé de tout mon cœur avec les sans papier, chacun d’entre eux se souvient de moi et de mon humanité, car entre un ministre et ceux qu’il expulse, c’est une histoire de cœur, que dis-je une histoire d’amitié qui s’engage, la rencontre de deux différences, des liens et des souvenirs par delà les continents.
Cette politique humaine, cette politique du cœur, c’est celle que nous avons menée en faveur de l’identité nationale, de l’intégration des indigènes et de l’immigration choisie. C’est celle que nous mènerons demain, lors de la bataille contre l’assistanat, contre le chômage et les chômeurs au sein du ministère du travail et des affaires sociales.
Malgré les critiques et les accusations que certains de nos détracteurs n’ont pas manqué d’énoncer lors de ma nomination au ministère de l’identité nationale, nous avons su tenir le cap tout en restant à l’écoute et ouvert au dialogue pour mener à bien la mission que Nicolas Sarkozy – Que ton nom soit sanctifié et que ton règne dure mille an – nous avais confié. Nous avons été sali et accusé d’inhumanité mais nous avons tenu bon. Qui se souvient aujourd’hui des 80 000 migrants que nous avons personnellement, et en avion s’il vous plait, raccompagné à domicile, dans leur pays ? Ne sont-ils pas mieux chez eux en famille ? Ne contribuent-ils pas maintenant au rayonnement de la France à l’étranger ? Grâce à nous, ces étrangers ont connu un voyage inoubliable.
Nous avons été sali pour le fichage ADN des indigènes. Et alors ? Qui n’est pas fiché aujourd’hui ? Comment voulez vous reconnaitre un noir d’un autre autrement que par l’ADN ? Ils se ressemblent tous et entre les cousins, les oncles, tout ça - et je ne parle même pas du nombre de gosses qu’ils font - on ne s’y retrouve plus. Je rends d’ailleurs hommage à mon successeur, le traitre Besson, qui grâce à son ADN socialistes saura faire passer cette mesure de bon sens qui est tellement dans l’air du temps.
Face aux critiques nous avons donc su tenir le cap des réformes nécessaires à notre temps. Cette résolution à la fois humaine et ferme, fermement humaine, nous la mettons aujourd’hui au service des employeurs et ainsi, nous nous engageons sur quelques réformes incontournables :
 
Emploi :
Exploitation choisie des travailleurs : Les entrepreneurs ont aujourd’hui besoin des meilleures compétences afin de gagner la compétition économique mondiale, l’exploiteur doit pouvoir choisir celui qu’il exploite, aussi le droit à l’exploitation choisie sera inscrit dans le code du travail.
Rendre la grève utile socialement : nous ne pouvons plus en rester à un dialogue social archaïque, à des modes d’expression sclérosées et à des formes de prise en otage de l’économie par les travailleurs. Le droit de grève est un acquis de l’histoire, droit garanti par la constitution et nous le protègerons ; cependant ce droit ne saurait léser la collectivité et nuire à l’intérêt général que j’ai à cœur de défendre avec le gouvernement, l’UMP et le MEDEF. Aussi, tout gréviste devra faire lors de l’arrêt de travail, un travail d’intérêt général, défini par son employeur, au sein de son entreprise, la CFDT est déjà prête à signer pour cette mesure.
 
Chômage :
Faire baisser le chômage : cela implique, vous le savez, de faire baisser le nombre de chômeurs. Aucun des leviers à notre disposition ne sera négligé : création de 20 000 places supplémentaires en prison, création de 200 chambres d’isolement dans les hôpitaux psychiatriques. Et surtout, notre mesure phare : l’émigration des chômeurs : à l’instar de l’intense travail que nous avons su mener au ministère de l’identité nationale et de la question indigène, pardon je m’égare, de l’immigration, c’est un objectif ambitieux de 30 000 chômeurs expulsés que nous nous fixons pour cette année.
Radiation choisie des chômeurs : l’inscription au chômage ne saurait être un droit, elle est un devoir qui se mérite. Fichage génétique et traçabilité de tous les chômeurs, bracelet électronique pour savoir s’ils cherchent vraiment du travail, sont des pistes d’avenir pour remotiver ces feignasses à l’emploi.
Mes chers concitoyens je vous le dis, face au chômage, face aux chômeurs, aucun moyen d’action ne doit être oublié. Nos chômeurs sauront trouver du travail à l’étranger. Lutter contre le chômage, c’est faire baisser le nombre de chômeur et expulser les chômeurs c’est faire baisser le chômage ; aussi nous appliquerons aux chômeurs les solutions inovantes que nous avons su développer avec les immigrés.
 
Minima sociaux :
Obligation pour tous les RMIstes d’apprendre la Marseillaise : nous ne pouvons tolérer que le chômeur ne soit pas un patriote, et puis ça les occupera, quoi de plus noble en effet que de chanter l’amour de la patrie et la haine de l’étranger dont le sang impur abreuve nos sillons ? Et puis cet esprit guerrier prépare au monde de l’entreprise.
Le RMI ne pourra pas être obtenu avant 45 ans car il ne faut pas décourager des jeunes à peine sortis du système scolaire dans leur recherche d’emploi.
 
Handicap :
Deux travailleurs handicapés pour le prix d’un travailleur valide : seule une politique ambitieuse de promotion et de rabais saura rendre attractif ces incapables. En parallèle, une politique de stagnation du montant de l’AAH saura motiver la personne handicapée à ne plus l’être.
 
Politique de la ville :
Il y a trop de banlieues pauvres, nous les raserons (pour les habitants des dites banlieues nous vous renvoyons aux dispositions annoncées en matière d’emploi, de chômage et de handicap).
 
Personne âgée :
Nous attendons la prochaine canicule. Adam Smith appelait cela le « laisser faire » et comme vous le savez, je suis libéral.
 
Mes pauvres con… pardon, mes chers concitoyens, nous vous le disons, c’est ensemble que nous gagnerons la bataille qui s’annonce, comme l’a dit François Fillon, chaque français doit se serrer les coudes, et nous l’aiderons pour cela. Français, serrez vous les coudes ! Vous ne gagnerez pas plus mais vous travaillerez plus, c’est cela une France solidaire, une France qui avance. En ces temps de crise, seul le sens du sacrifice pourra nous aider. Mes concitoyens, nous comptons sur vous, l’UMP compte sur vous, le MEDEF compte sur vous, depuis des siècles vous vous sacrifiez et nous savons qu’une fois de plus, vous tous ensemble, vous pourrez le faire pour votre pays. Yes you can ! Vive la France ! Vive la République ! Vive Nicolas Sarkozy !

Repost 0
Published by Collectif NRV
commenter cet article
28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 23:27
Voici un article de Bruno Carrié (section CNT PJJ 93) sur la fameuse commission Varinard.

Rapport de la Commission Varinard : primauté à la répression !
par Bruno Carrié


La commission Varinard1 installée par Rachida Dati le 15 avril 2008, a rendu son rapport le 3 décembre 2008 à la garde des Sceaux. Les 70 préconisations qui visent à réformer la « justice des mineurs » et à enterrer définitivement l'ordonnance du 2 février 1945 relative à l'enfance délinquante, proposent en réalité un durcissement de la justice appliquée au mineurs. Ce durcissement n'a rien de surprenant au regard des derniers textes de loi visant cette même jeunesse et de l'évolution de la protection judiciaire de la jeunesse2 .
Les récentes lois sur la « prévention de la délinquance » et sur « la récidive » avaient déjà fortement dénaturé l'ordonnance du 2 février 1945, texte qui donnait la primauté à l'éducatif sur le répressif concernant l'enfance délinquante. 

Une sémantique qui n'a rien d'anodin.

La commission qui a « travaillé » pendant 7 mois en appliquant la feuille de route donnée par Rachida Dati s'est surtout attachée à faire passer un message clair à la société : les mineurs qui commettent des actes délinquants ou criminels ne doivent plus être considérés comme des enfants à protéger mais comme des délinquants à punir.
Le terme d' ''enfant'' désignant les adolescents de1945 est remplacé au profit de « mineurs » qui ne renvoie qu'à un statut juridique du jeune de moins de18 ans auquel il faudra appliquer des peines en application du nouveau code pénal spécialement dédié. C'est ainsi que le juge des enfants et le tribunal pour enfants sont remplacés par le « juge des mineurs » et le tribunal du même nom. Contrairement à aujourd'hui où un juge des enfants doit avoir pour priorité la prise en compte de la situation et la personnalité du jeune, le juge des mineurs (qui sera juge unique) n'aura qu'à considérer et juger des faits.  
La disparition du terme « enfant » s'accompagne de la suppression des mesures éducatives qui signifiaient qu'au delà de l'acte commis, la priorité était avant tout d'accompagner un enfant en danger. Désormais, c'est l'application de sanctions et de peines qui est préconisée. Et l'Etat parle toujours d'éducation !

La prison à 12 ans, une préconisation parmi d'autres

Lors de la présentation du rapport, les médias ont surtout retenu la possibilité d'incarcérer un jeune dès l'âge de 12 ans, préconisation qualifiée de « bon sens » par la garde des sceaux, aussitôt désavouée par son premier ministre qui sentait la mobilisation monter. Un telle décision parait inconcevable, mais rappelons qu'aujourd'hui on peut enfermer un jeune dès l'âge de 13 ans, ce qui n'est pas plus concevable. 
La commission a beaucoup communiqué sur le fait qu'elle proposait enfin de fixer un âge plancher de responsabilité pénale alors qu'il n'en existe pas en France. Aujourd'hui, c'est la notion de discernement qui prévaut quelque soit l'âge. Ce que la commission omet de dire en présentant cette mesure c'est que dès 12 ans, il n'y a plus lieu de s'attacher à la notion de discernement et que la logique voudra que le magistrat aura à argumenter sa décision de ne pas incarcérer. En outre dans sa plus grande hypocrisie la commission n'a fait que reprendre des préconisations de l'ONU qui propose l'âge de 12 ans comme un plancher et invite les pays à plutôt s'orienter vers 14 ou 15 ans. Mise à part la Grande-Bretagne qui a fixé l'âge de la responsabilité pénale à 10 ans, les autres pays de l'Union européenne sont plutôt autour de 14 ans. Le modèle choisi semble donc assez clair.
Parmi les autres préconisations on notera la création d'un tribunal correctionnel pour les plus de 16 ans, ce qui est un pas de plus vers la justice des majeurs et aussi un retour d'un siècle en arrière puisque les derniers tribunaux correctionnels pour enfants remontent à 1912.  
Concernant l'application des peines, trois tranches d'âge sont proposées. Les enfants dès 12 ans pourraient donc être incarcérés en matière criminelle et dès 14 ans en matière délictuelle (contre 16 aujourd'hui dans le cadre d'une détention provisoire). Pour les plus de 16 ans, l'atténuation des peines est maintenue mais ce n'est plus la règle et ce sera au magistrat d'argumenter en ce sens.  
On peut aussi citer la peine de prison de fin de semaine prévue dans le cadre de la détention provisoire afin de permettre le « maintien de la scolarité » (on imagine déjà les vendredis soir !).

Une réforme aux conséquences lourdes pour la protection judiciaire de la jeunesse.

La réforme envisagée de la justice vient confirmer le virage répressif amorcée depuis maintenant une vingtaine d'années avec une accélération durant la décennie en cours. Les orientations de la protection judiciaire de la jeunesse ne sont là que pour confirmer cette dérive sécuritaire, voire pénitentiaire puisque les régions administratives seront calqués sur l'administration pénitentiaire. Rien de moins surprenant quand la priorité sont les centres fermés, les établissements pénitentiaires pour mineurs. De plus, la volonté affichée (hors cadre de loi) de ne plus prendre en charge les jeunes dans un cadre de protection3 fait hésiter les magistrats à confier un jeune à cette administration alors qu'ils savent que les moyens ne sont plus donnés que pour les affaires pénales. Nous avons déjà vu disparaître les protections jeune majeur, ce qui a eu pour conséquence de voir des jeunes contraints de répondre aux injonctions de la justice jusqu'à leur majorité et de se voir refuser une aide une fois majeur alors qu'un accompagnement était nécessaire.
Les conclusions de la commission vont encore plus loin, puisqu'elles préconisent de raccourcir le temps de prise en charge (qu'on peut encore appeler temps éducatif) sans laisser la possibilité d'une continuité éducative après une exécution de peine. La logique voudra que ce soit l'aide sociale à l'enfance4 qui assure un accompagnement éventuel. Cependant on connaît la disparité des orientations politiques en matière de protection de l'enfance d'un département à l'autre. Et sans attendre de réforme, les services de l'ASE sont toujours réticents à accompagner un jeune étiqueté « délinquant » d'autant que cela aura des conséquences budgétaires. C'est donc une partie encore plus grande de la jeunesse qui en plus d'être stigmatisée et réprimée, sera abandonnée. 
Du côté des professionnels, une telle réforme enterrerait définitivement les missions d'éducation. La « relation éducative » ne serait plus liée qu'au temps d'exécution de la peine. L'objet principal de cette relation deviendrait « l'obligation de faire » pour le jeune et non plus la construction d'un projet. Pour les éducateurs elle se réduirait à des missions de contrôle et de probation, ce qui est déjà le cas pour celles et ceux qui travaillent en détention et dans les centres fermés.
 Pourtant les faits sont là. Les centres fermés qui connaissent les taux de récidives les plus élevés sont ceux qui appliquent strictement la loi. Du côté des prisons pour mineurs (quartier mineurs et EPM) l'année 2008 restera dans les mémoires pour ce qui est du nombre de suicides. Dans le même temps, l'administration fait disparaître les foyers d'action éducative, le travail en milieu ouvert et les services d'insertion qui, malgré leurs imperfections, ont prouvé qu'ils constituaient les seules formes d'accompagnement permettant aux jeunes de rester en lien avec la société et donc de ne pas en être exclus.
Que ce soit à l'école ou dans toute autre institution ayant des missions éducatives, on voit bien que ce que l'Etat continue d'appeler éducation n'a rien à voir avec un projet émancipateur.
C'est peut-être pour mieux nous rappeler que les institutions de l'Etat n'ont jamais eu pour objectif le bien commun mais le maintien d'un ordre établi qu'il convient d'adapter selon les époques.

Bruno Carrié, section CNT PJJ 93 (santé social ct rp)


_______________

1 : Commission était présidée par André Varinard, ancien vice président de l'université de Lyon 3, connu pour sa bienveillance vis à vis des thèses révisionnistes et des universitaires d'extrême droite. En outre la commission étai composée de 9 magistrats, 3 directeurs de la PJJ et un éducateur, 3 avocats, 10 parlementaires dont 9 de droite et un PS et 10 universitaires.
2 : La PJJ est un service déconcentrée du ministère de la justice dont les missions sont la prise en charge des jeunes (mineurs et jeunes majeurs) sur décision judiciaire.
3 : Ordonnance du 23 décembre 1958 relative à la protection de l'enfance et de l'adolescence en danger
4 : L'aide sociale à l'enfance est un service du conseil général dont les prise en charge font suite à une décision administrative.





Repost 0
Published by Collectif NRV
commenter cet article
28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 00:27

Lors de sa visite à l'hôpital psychiatrique Erasme d'Antony, Sarkozy a annoncé une réforme profonde de la psychiatrie en s'appuyant sur un fait divers récent, le meurtre d'un jeune homme à Grenoble par un malade qui avait fugué d'un hôpital psychiatrique. Voici les points principaux développés de son discours :

« Les malades potentiellement dangereux doivent être soumis à une surveillance particulière afin d'empêcher un éventuel passage à l'acte ». « Il faut plus de sécurité et de protection dans les hôpitaux psychiatriques ». 

 

Il a proposé un plan de sécurisation des hôpitaux psychiatriques de 30 millions d'euros afin de prévenir les fugues et de mieux contrôler les entrées et les sorties de l'hôpital. Il a proposé également d'équiper les patients en hospitalisation d'office (contrainte) de bracelet électronique à la sortie de l'hôpital. 

 

Des unités fermées vont être installées dans chaque établissement avec des systèmes de vidéo surveillance. Sarkozy prévoit l'aménagement de 200 chambres d'isolement supplémentaires. Ainsi que la construction de 4 nouvelles unités pour malades difficiles de 40 lits chacune avec pour cela un budget de 40 millions d'euros. 

 

Il propose de « réformer l'Hospitalisation d'Office pour concilier qualité des soins et sécurité des personnes ». (Il s'agit de la sécurité des citoyens et des soignants).
Il souhaite instaurer « une obligation de soins en milieu psychiatrique. 80 % de vos patients sont pris en charge en ville. De même qu'il existe l'hospitalisation sans consentement, il faut qu'il y ait des soins ambulatoires sans consentement ». « L'obligation de soins doit être effective même en cas d'absence ou de défaut de la famille ».

 

Les sorties des patients seront davantage encadrées. Les décisions de sorties seront prises par le préfet avec un avis d'un collège de trois personnes soignantes (le psychiatre qui suit le patient, le cadre infirmier, un psychiatre qui ne connaît pas le patient. Le préfet restera libre de sa décision. 


Ce discours reprend les parties amputées de la loi de prévention de la délinquance concernant les malades mentaux, en les durcissant. Il entretien un amalgame entre fous et délinquants, et fait de l'obligation de soins une nécessité d'ordre public. C'est une approche exclusivement sécuritaire de la psychiatrie. Dans un article du Monde (« psychiatrie : la régression sécuritaire ») Cécile Prieur donne les statistiques suivantes : 600 000 personnes souffrent de schizophrénie en France. En 2005, sur 51 411 mises en examen dans des affaires pénales, 212 ont bénéficié d'un non lieu pour irresponsabilité pour cause psychiatrique, soit 0,4 % de l'ensemble. « Aucune étude n'a prouvé scientifiquement que les malades mentaux seraient plus dangereux que la population générale. Mais il est démontré qu'ils sont les premières victimes des faits de violence, à cause de la stigmatisation dont ils font l'objet : selon le rapport de la commission « Violence et santé mentale » publié en 2005, la prévalence des crimes violents envers les patients en psychiatrie est 11,8 fois plus importante que par rapport à l'ensemble de la population ; celle des vols sur personnes est 140 fois plus élevée ».
Qu'on se le dise une bonne foi pour toutes, les psychotiques ne représentent pas une menace pour la société ; la maladie mentale est une maladie de la relation à l'autre, et un accompagnement de la qualité doit favoriser un maximum la création de lien.

Cette politique d'enfermement, vers laquelle s'oriente cette réforme, est à l'opposée de tout le mouvement désaliéniste de l'après guerre et constitue une grave régression.

 

Faut il rappeler que la psychiatrie était déjà moribonde avec la fermeture de près de 50 000 lits en 20 ans, le délitement du secteur, le manque de psychiatres publics, la disparition du diplôme d'infirmiers psychiatriques...Déjà, les portes de certains HP avaient tendance à se fermer, et les chambres d'isolements sont pleines. L'hôpital accueille, aujourd'hui de plus en plus de patients en crises. De nombreux patients se retrouvent livrés à eux mêmes, à la rue ou en prison (1 détenue sur 4 présenterait des troubles psychiatriques et 30 pour cent des SDF sont d'anciens patients de la psychiatrie). Déjà, la réforme du code pénale de 94 avait provoqué une arrivée massive de psychotiques en prisons. 
(Article 122-1 du code pénal français en vigueur depuis le 1er mars 1994 :
1er alinéa : " N'est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes ". 2eme alinéa : " La personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant altéré son discernement ou entravé le contrôle de ses actes demeure punissable : toutefois, la juridiction tient compte de cette circonstance lorsqu'elle détermine la peine et en fixe le régime ").

Dans un communiqué de presse, suite à ce discours, le comité syndical de la psychiatrie écrit :
« Les malades décrits comme « potentiellement dangereux » sont avant tout des patients qui ont besoin de soins dans un climat de confiance avec une levée progressive des contraintes qu'impose au départ leur état de santé. Inverser brutalement cette évolution en imposant des mesures répressives et en limitant les sorties d'essai et les sorties définitives ne peut être qu'un facteur aggravant de violence le plus souvent vis-à-vis d'eux même et parfois envers autrui ». « Les praticiens de la psychiatrie savent bien que, dans une unité d'hospitalisation, la première protection des soignants face à un malade chez qui se déclenche une crise d'agressivité subite est la présence, voire l'intervention d'autres patients qui ne sont pas dans un rapport conflictuel avec le personnel. Changer ce climat, c'est instaurer un rapport de force qui ne peut engendrer comme dans certains établissements pénitentiaires que davantage de violence. »

La nouvelle fonction des hôpitaux psychiatriques risque de devenir conformer et surveiller (c'est-à-dire, comme le disait Foucault, « réduire la folie au silence »). Mais la question de la prise en charge au long cours des malades est une fois de plus écartée. Enlever la liberté aux patients, l'espoir de pouvoir sortir, c'est engendrer de la violence. L'obligation de soin en ambulatoire, qui risque de se limiter à des injonctions forcées de neuroleptiques, vient remettre en cause toute une conception du soin basé sur la relation et la confiance dans le temps, et ouvre à de possibles dérives d'abus de pouvoir.

Suite à l'annonce de cette réforme et à ses conséquences sur la psychiatrie, un mouvement de professionnels du monde du soin c'est mis en place pour s'opposer à ce projet. Pour plus d'information sur ce mouvement et signer la pétition « La nuit sécuritaire », cliquer sur le lien suivant :

http://www.collectifpsychiatrie.fr

 


Repost 0
Published by Gaby
commenter cet article
28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 00:14

Journée nationale de grève et de manifestation le Jeudi 29 janvier 2009.

 

RDV à 14h Place de la Bastille / Trajet : jusqu'à St Augustin via République....

Nous avons tous plus d'une raison de venir s'exprimer ce jeudi alors : venez nombreux !

Repost 0
Published by Collectif NRV - dans Actualités
commenter cet article
12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 00:46
Voici un article intéressant publier sur Rue89:
Dati et les mineurs : « Elle déforme la réalité »
par Laurent Mucchieli
La "Commission Varinard", qui prépare la réforme de l'ordonnance de 1945 relative à la délinquance des mineurs, doit rendre son rapport ces jours-ci. La ministre de la Justice avait justifié la création de cette commission par la nécessité de reconstruire un texte de loi clair et cohérent. 

Mais ce "toilettage", ou cette "simplification", est bien loin d’être le seul enjeu de la refonte de ce texte très compliqué et réformé déjà à une trentaine de reprises depuis 1945. On peut même se demander si ce n’est pas un prétexte tant il s’agit surtout de durcir une fois encore le droit pénal des mineurs pour pouvoir condamner plus de jeunes, plus vite, plus tôt dans leur jeunesse et à des peines plus dures.

On le sait, tel est l’air du temps depuis la fin des années 1990, et de nombreuses réformes de la justice des mineurs ont déjà eu lieu ces dernières années, qui allaient toutes dans le même sens. Pourquoi donc en rajouter ? 

La réponse est la même depuis plus de dix ans: la délinquance des mineurs serait un problème toujours plus grave (ce qui amènerait, du reste, assez logiquement, à relativiser l’efficacité des lois). Cette aggravation continue serait un constat évident, indiscutable, prouvé par les chiffres.

Ainsi pouvait-on lire dans le dossier de presse lors de l’installation de la Commission Varinard, une série de "messages chocs": 
"la population de mineurs délinquants a augmenté de plus de 360 % en moins de 50 ans";
"à l’aube du XXIe siècle, la délinquance se durcit: en moins de dix ans, les condamnations des mineurs ont cru de 150%";
"les progressions les plus fortes sont constatées chez les moins de 13 ans. La délinquance est plus jeune";
"cette délinquance des plus jeunes est un phénomène inquiétant".

Sur le plateau d'Arlette Chabot

Vient ensuite une émission de télévision récente, "A vous de juger", sur France 2, le 16 octobre. La ministre de la Justice y déclare:

« Il y a 204 000 mineurs qui sont mis en cause pour des actes graves. Des mineurs délinquants, Arlette Chabot, c’est des violeurs, des gens qui commettent des enlèvements, des trafics de produits stupéfiants, qui brûlent des bus dans lesquels il y a des personnes. Les mineurs délinquants qui sont incarcérés ou placés en CEF y sont majoritairement pour des actes de nature criminelle. Il est important de faire cesser cette spirale de la délinquance. […]


Les résultats sont là: la délinquance a fortement baissé. Et en même temps, alors qu’on a une réponse beaucoup plus ferme sur les mineurs délinquants, la délinquance des mineurs continue d’augmenter. Pourquoi? Parce que les outils juridiques, le texte qui est applicable aux mineurs délinquants n’est plus opérationnel."

Voici un extrait de l'émission : http://www.dailymotion.com/video/kp2M8kmLhTxJXDQH1X


Notre propos [1](et notre compétence professionnelle) n’est pas ici de discourir sur la philosophie du droit ni sur la réforme envisagée. Il est plus modestement de soumettre à quelques vérifications le diagnostic qui prétend justifier ces réformes, en regardant d’un peu plus près les données statistiques officielles, celles-là mêmes dont se réclame le gouvernement.

Les affirmations officielles qu'il faut démentir

[2]Le résultat de cet examen (dont on peut télécharger le détail ci-contre) amène à démentir beaucoup d’affirmations "officielles". Ainsi:
il n’est pas vrai que la délinquance des mineurs ne cesse d’augmenter tandis que celle des majeurs baisse. En comparant l’évolution de la part des majeurs et de celle des mineurs parmi les personnes "mises en cause" par la police, l’on constate en effet que, après avoir fortement augmenté entre 1994 et 1998, la part des mineurs dans l’ensemble des personnes mises en cause par la police et la gendarmerie n’a au contraire cessé de baisser depuis dix ans, passant de 22% en 1998 à 18% en 2007.
il n’est pas prouvé que les mineurs délinquants sont "de plus en plus jeunes". La seule statistique disponible est ici la statistique judiciaire, qui fournit depuis 1989 une ventilation des personnes condamnées par tranches d’âge: moins de 13 ans, 13-16 ans et 16-18 ans pour les mineurs, d’autres tranches pour les majeurs. Et la comparaison de cette répartition par âge montre une remarquable stabilité de la répartition par âge.
on ne voit pas ce qui permet de dire qu’il existe un problème grave et particulier avec les mineurs de moins de 13 ans. En réalité, avec 2 022 personnes condamnées en 2006 sur un ensemble de 614 231, la part des enfants de moins de 13 ans représente seulement 0,3% de l’ensemble. Par comparaison, la part des plus de 60 ans est huit fois plus importante…
il n’est pas vrai qu'"il y a 204 000 mineurs qui sont mis en cause pour des actes graves" ni que "des mineurs délinquants, c’est des violeurs, des gens qui commettent des enlèvements, des trafics de produits stupéfiants, qui brûlent des bus dans lesquels il y a des personnes". 


En effet, l’ensemble des faits susceptibles d’être qualifiés de criminels (à savoir les homicides, les viols, les vols à main armée, les prises d’otages et séquestrations et enfin les trafics de drogue) ne représentent que 1,3% du total des infractions reprochées aux mineurs. A contrario 98,7% de cette délinquance n’est donc pas constituée par des actes graves du type de ceux cités par la ministre (ce sont des vols, des dégradations, des bagarres, des simples usages de drogue, etc).
il n’est pas juste de laisser croire que les mineurs délinquants ne font l’objet que de mesures éducatives et que les juges sont naturellement "laxistes". A nouveau, l’examen des condamnations prononcées par les tribunaux montre que les peines de prison représentent un tiers des peines prononcées à l’égard des 13-16 ans et près de 40% à l’égard des 16-18 ans.


Ajoutons enfin, premièrement, que dans les autres cas les mesures éducatives ne sont pas toutes de simples admonestations ou remises à parents (il y a aussi des placements); et deuxièmement, que dans les cas (donc rares) de crimes jugés en cour d’assises des mineurs, la peine est quasi systématiquement la prison.

Un diagnostic infondé et orienté

En conclusion, le diagnostic sur l’évolution de la délinquance des mineurs, avancé pour justifier un nouveau durcissement de l’arsenal pénal, n’est en réalité ni neutre, ni objectif, ni fondé. 

Il apparaît au contraire totalement orienté, ne rendant pas compte de la totalité des éléments de connaissance statistique disponibles, dissimulant tout ce qui ne "colle" pas avec la démonstration souhaitée, et conduisant au final à énoncer de telles déformations de la réalité que l’on peut dans certains cas parler de véritables contre-vérités induisant les citoyens en erreur.

Dans un pays qui se veut une démocratie avancée, ceci a paru suffisamment choquant pour justifier d’être dit publiquement.
Laurent  Mucchielli.
URL source: http://www.rue89.com/2008/11/25/dati-et-les-mineurs-elle-deforme-la-realite-0
Liens:
[1] http://groupeclaris.wordpress.com
[2] http://www.rue89.com/files/20081125Statistique.pdf
Repost 0
Published by Anthony - dans Actualités
commenter cet article
10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 00:15

Le gouvernement poursuit son œuvre d'élimination de tout ce qui résiste et de tout ce qui dérange.

 

Bien sûr on parle surtout en ce moment du grand spectacle. Á quelques jeunes politisés qui, somme toute, n'auraient fait qu'arracher 200 mètres de câbles appartenant à la SNCF, on applique ce droit d'exception et de médiatisation que constitue la législation antiterroriste. Le délit et sa mise en scène disproportionnée profitent au pouvoir, ce ne sont pas les « 9 de Tarnac » qui créent la terreur, mais bien le gouvernement qui nous terrorise médiatiquement par la mise en scène d'une « menace » « anarcho-autonome ».

Mais la criminalisation médiatique de ses opposants par le pouvoir est souvent plus terre à terre. Il faut être sensible aux petites routines pénalisantes du gouvernement, à sa répression quotidienne des mouvements sociaux et de tout ce qui dérange l'ordre sarkozien. Par exemple, le DAL vient de prendre 12 000 euros d'amende pour avoir «embarrassé la voie publique en y laissant des objets», en l'occurrence les tentes dans lesquelles campaient 374 familles sans logis ou mal-logées, lors du campement de la rue de la Banque à Paris. Les Don quichotte ont, quant à eux, été condamnés pour leur campement du quai Notre Dame à la confiscation des tentes constitutives de l'infraction. Le procureur, aux ordres du gouvernement, réclamait 32 000 euros d'amende pour le DAL et 1875 pour les Don Quichotte, les PV à l'origine de la procédure, avaient été dressés par la Préfecture, aux ordres du Ministère de l'Intérieur.
Ce jugement, malgré la procédure d'appel du DAL, fait pour le moment jurisprudence. Incidemment, tous les SDF installés dans la rue avec une tente, des cartons ou un sac de couchage pourront dorénavant se voir confisquer leur matériel et être puni par contravention (750 euros) pour avoir « embarrassé la voie publique en y déposant ou y laissant sans nécessité des matériaux ou objets quelconques qui entravent ou diminuent la liberté ou la sûreté de passage » (article R644-2 du code pénal). Il ne fait aucun doute que les mal-logés et les SDF « embarrassent » un gouvernement libéral qui ne peut envisager qu'une réponse pénale et individualisante à un problème social. Sarkozy vient de mettre 120 millions d'euro sur la table pour l'hébergement d'urgence me direz-vous. On comparera cette somme avec les 12 milliards annuels du bouclier fiscal et autres gâteries de la loi Tepa, distribuées aux plus riches. Pour rappel, on soulignera que le plan Borloo est un échec complet avec seulement 50% des objectifs atteints pour 9 milliards dépensés et plus de destructions de logements sociaux que de reconstructions.

Comparativement le sécuritaire se porte bien. On se souviendra qu'en janvier dernier, le gouvernement, dans son projet de loi « d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure » (sic.), voulait déjà créer un délit d'« occupation abusive et irrégulière du domaine public » et punir de 6 mois d'emprisonnement et 3750 euros d'amende « le fait de s'installer sur le domaine public en vue d'y établir une habitation, même temporaire » ; étaient alors visés les SDF avec leurs tentes, les Gens du voyage et ceux qui survivent dans des cabanes ou dans la centaine de bidonvilles apparus ces dernières années.
Enfin, la ministre Boutin envisage maintenant, à la demande de Sarkozy, d'héberger de force les SDF l'hiver. Les hommes et les femmes qui préfèrent la vie libre à l'entassement dans ces gourbis infâmes qu'on appelle centre d'hébergement d'urgence pourront peut-être bientôt être raflés et enfermés. Sans le savoir le gouvernement nous réinvente l'Hôpital Général dans lequel étaient enfermés les mendiants, les prostituées vénériennes, les malades mentaux et les vagabonds de 1656 à 1789 (à l'époque on les marquait aussi au fer rouge...).
Croyez-vous qu'il s'agit de les empêcher de mourir ? Non il s'agit juste d'empêcher que leur mort éventuelle n'émeuve la population. Il s'agit aussi de cacher la misère produite par la politique libérale du gouvernement.

La régression sociale appelle la répression sécuritaire. Il s'agit de produire une France lisse et propre, sans mouvement sociaux, sans contestation et sans SDF visibles ou audibles. Il s'agit de stigmatiser et de repousser au loin, au titre de la diversion sécuritaire (faire diversion car pendant ce temps les réformes de régression sociale continuent !), les boucs émissaires indispensables à un contexte actuel de frustration sociale : les travailleuses du sexe pourchassée pour racolage passif, les roms, les contre-manifestants chassés et contrôlés à chaque sommet ou déplacement ministériel, les sans papier, les malades mentaux dont on a fabriqué l'errance et la dangerosité en privant le secteur de la santé mentale de tous moyens financiers. En somme une politique d'inégalité a besoin, pour s'exercer, d'un renforcement des clivages sociaux, entretenus par des média aux ordres. Le régime a aussi besoin d'enfermer tout ce qui résiste, tout ce qui montre l'échec de sa politique, tout ce qui fait tache et dérange son ordre établi.


La chasse aux indésirables est ouverte et ceux qui nous gouvernent la mène en notre nom.

Christophe pour le collectif NRV
Repost 0
Published by Christophe
commenter cet article
27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 00:46

Le collectif organise le vendredi 12 décembre à 18h à la CIP (Coordination des intermittents et précaires d'Ile-de-France) un repas pour financer les prochains projets!

Surtout l'occasion de venir se retrouver, de discuter et de débattre du social autour d'une bonne tablée !

La projection du film des "LIP, l'Imagination au pouvoir" se fera à partir de 19h !


Prix libre !  


VENEZ NOMBREUX  !!!


Adresse:

CIP IDF. 14-16 Quai de la Charente,

75019 Paris (Métro Corentin Cariou)


 

 

Repost 0
Published by Onythan
commenter cet article
5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 20:57

Voici un lettre ouverte écrite par le collectif de montrouge suite à l'incendie de montrouge.

 

On a brûlé l’IRTS !

Comme vous le savez déjà, des individus se sont introduits dans l’institut durant la nuit de mercredi à jeudi ; ils ont saccagé le rez-de-chaussée et incendié les cuisines du sous-sol. Vous n’ignorez pas non plus que ces regrettables évènements font suite à d’autres incidents survenus, ceux-là, la veille et l’avant-veille devant la porte de l’IRTS. Des jeunes de Montrouge s’en étaient alors pris physiquement à des étudiants puis aux vigiles.

Dire qu’il y a de cela 6 ou 7 ans ces jeunes – ou leurs aînés – étaient invités à participer à la vie de l’IRTS ! En effet, des ateliers de théâtre étaient alors proposés aux étudiants… et à ces jeunes, dans un même esprit. De ceci à cela, qu’a-t-il donc bien pu se passer ? Comment en est-on arrivé là ? Et surtout, où en est-on arrivé exactement ? Quel est l’état réel des choses ?

Le Parisien a peur

Attention ! Car voici revenu le credo de la peur ! Mais les étudiants n’y succombent pas, contrairement à ce qu’a pu prétendre un journal qui use – au moins sur ce coup-là – du professionnalisme comme nous d’un mouchoir jetable. Non ! Les étudiants n’ont pas « manifesté » ce jeudi devant la mairie. S’ils étaient rassemblés là, ce n’était pas pour « exprimer leur ras-le-bol et leur inquiétude » mais uniquement parce qu’ils ont été évacués de leur établissement de formation situé quelques dizaines de mètres plus loin. Enfin ! Nous n’en attendions pas plus d’un tel canard. Autrement plus délicats sont, nous concernant, les actes et paroles de monsieur Jaeger, directeur de l’IRTS, qui exhortait les étudiants rassemblés devant la mairie à ne pas s’inquiéter… Ces mots résonnent comme d’autres entendus ces derniers temps dans d’autres bouches : n’ayez pas peur ! Mais avoir peur de quoi, d’abord ? Peur de qui exactement ? 

Devrions-nous nous sentir rassurés par une direction qui transforme notre lieu de formation en prison dorée avec porte magnétique et vigiles à l’entrée ? La présence récurrente de policiers en uniforme avec revolver à la ceinture devrait-elle cesser de nous choquer ? Au risque de répéter une idée déjà reçue : une société a les crimes qu’elle mérite (or, l’idée est peut-être reçue mais la formule – célèbre – est de DURKHEIM) et la tolérance zéro semble n’y pouvoir rien changer.

Deux éminents sociologues, Véronique Le Goaziou et Laurent Mucchielli, montrent dans leur ouvrage « Quand les banlieues brûlent » le rôle de pompier pyromane qu’a tenu la rhétorique présidentielle dans le développement des émeutes de 2005. Notre sentiment, sans rien excuser aux actes condamnables commis ces derniers jours, est que la première étincelle a peut-être jailli des messages émis par l’IRTS en direction des jeunes.

Quid ?

Si nous tentions de décoder les origines du « clash » nous serions tentés de remonter de 6 ou 7 ans en arrière, ce qui nous mènerait à peu près en 2002. C'est-à-dire… l’année où Sarkozy a été nommé ministre de l’intérieur ?!? Non ! Il ne saurait s’agir là – du moins nous l’espérons – que d’un odieux concours de circonstances… Nous ne retiendrons pas cet élément.

Les choses n’ont ensuite et a priori plus changé jusqu’à l’année dernière (c'est-à-dire 2007… les circonstances sont décidément odieuses). Là, tout s’est accéléré, sans que jamais l’administration ne daigne concerter les étudiants ou tout au moins leur expliciter la cause des changements. Après le credo de la peur, la loi du silence ? 

Il faut savoir que les étudiants ayant commencé leur formation à la rentrée 2007 sont arrivés dans une école où il n’y avait ni porte magnétique, ni vigile et encore moins de présentation de carte à l’entrée. Le sas d’entrée servait de fumoir aux jeunes et ils disposaient librement de la machine à café (quand elle fonctionnait).

En moins d’un an les jeunes en question se sont donc vus dans un premier temps réguler le droit de passage (ils ne pouvaient plus entrer qu’en nombre limité pour aller chercher un café), puis refuser l’accès (leur réaction, à la fois judicieuse et humoristique, avait alors été de cadenasser la grille d’entrée en arguant « si on ne peut pas entrer alors les étudiants n’entreront pas non plus »).

Et maintenant ?

Le résultat est que l’IRTS ressemble aujourd’hui à un territoire occupé dans lequel les étudiants tiennent bien malgré eux le rôle de colons. Et c’est à une véritable Intifada (littéralement soulèvement) que se livrent ces jeunes autochtones, avec le sentiment erroné mais réel d’être légitimes dans la violence.

La politique menée par l’IRTS et ses partenaires depuis un an (et plus) envers les jeunes du quartier a donc échoué. Car il est évident – ça va sans dire mais ça va mieux en le disant – que leur but était aux antipodes de celui atteint. Le nôtre n’est pas, par la présente lettre ouverte, de jeter de l’huile sur le feu mais au contraire de mettre à jour les braises qui couvent en silence sous les cendres. 

Nous vous invitons tous et chacun (administratifs, étudiants, incendiaires et citoyens) à repenser la situation et à profiter du droit de réponse qui vous est offert pour faire entendre votre opinion.


  Le Collectif de Montrouge.




Repost 0
Published by Onythan - dans Actualités
commenter cet article
5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 20:02
« Mouvement Pour une Parole Politique des Professionnels du travail social »*.

 
Devant le projet de parler d’une seule parole nous aurions dû nous alarmer, sommes-nous invités à un débat, une élaboration collective ou enjoints d’intérioriser cette parole politique ?  

Dès l’ouverture du week-end, la parole s’est vue cadrée, hiérarchisée, excluant nommément tout autre propos collectif que celui des organisateurs. Simplement nous avions toujours pensé qu’il existait une différence entre le discours et la parole. La parole n’est-elle pas celle du sujet quand le discours peut, lui, posséder une dimension collective ? Quelle était donc l’ambition de ces rencontres pour produire une parole politique ? Nous pensions en effet que la co-production avait comme condition sine qua non la reconnaissance de l’intérêt de la multiplicité des opinions. Or dans le cadre des ateliers thématiques, la réflexion sur la formation semblait pouvoir se passer des points de vue des étudiants présents et des collectifs militants, et la réflexion sur les pratiques socio-éducatives de ceux des personnes accompagnées. 

Autant l’annoncer tout de suite, le projet n’était pas si audacieux, nous avions deux jours pour écouter et agréer. 
Nous pensions assister à des débats, nous avons assisté à l’exposé magistral du pontificat du militantisme nostalgique. Autrement dit, « c’était mieux avant ». Mélancolique constat difficilement vérifiable qui semble posséder cependant une légèrement tendance à l’hypotrophie de la pensée. Exposé aussi soutenu par un étalage du mal être des travailleurs sociaux qui, plutôt que de mettre leur espoir dans la résistance, persistent et signent à vouloir faire remonter les conditions abominables de leur travail aux autorités.

Leur solution à tous les ennuis du travail social : 
Se contenter de conserver les anciens bastions, institutions et fonctionnements de l’époque fleurie. D’ailleurs, puisque l’actuelle et regrettable Direction générale des affaires sociales va disparaître, ils souhaitaient s’auto proclamer ″DGAS exhilée″.

Leur credo :
Le lobbying politique et l’institutionnalisation de la plainte des travailleurs sociaux.

Au passage, remarquons la technique éprouvée pour se faire entendre :
Faire taire les trublions et autres du premier rang en évitant de faire un quelconque lien entre les interventions puis en brimant le droit de réponse.

En résumer, un message clair et encensant semble délivré à l’assistance subjuguée :
Aliénez vous, nous savons ce qui est bon pour vous !!!


Reconnaissons-le, nous sommes sortis penauds. Nous nous demandions pourquoi organiser des journées si il n’y a pas de débats. Nous nous demandions ce que nous faisions là tous assis en rang d’oignons à suivre leurs directives préétablies. Et nous avons compris : nous avions trouvé des Représentants …

 

Le collectif Restons Vigilants, MDN (Malades Des Nerfs), toujours Véner.



*A l’initiative de la Conférence permanente des organisations professionnelles du social (CPO), du Mouvement interdisciplinaire pour un humanisme laïc (MIHL) et de 7.8.9 Radio sociale.
 



Repost 0
Published by Onythan
commenter cet article
9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 20:08

Salut à tous !

Le mardi 14 octobre, le collectif organise une réunion ouverte. même si d'ordinaire ce n'est pas vraiment fermé, celle ci sera encore plus ouverte!

Donc pour ceux qui vous voulez venir mais qui n'ont pas osé entrer en plein milieu d'une réunion super sérieuse, celle ci sera surtout l'occas de disctuter, de débatre, de boire un coup (ou 2), de philosopher, de parler autour de questions d'actualité, de société, liées au social...

vous etes donc les bienvenues le mardi 14 octobre à 18h30 au 33 rue des vignoles (metro avron ou buzenval) au local CNT.

A mardi !

 

Repost 0
Published by Onythan - dans Le Collectif
commenter cet article

Actu du collectif

   Sortie du premier numéro du fanzine du collectif NRV

Travail Social Perds Ton Sang Froid N°1

fanzine tsptsf num1 mini

 A prix libre version papier

et en téléchargement en pdf

Recherche

Soutiens

 

lieux-de-vie-partout3.png

Non à la fermeture de la ferme de vie du Bersac

 

 

__________________________

 

 soutien 3

 

Pétition Soutien à la CIP

 

Liens et Fanzines

  Premier numéro du fanzine du collectif NRV :

Travail Social Perds Ton Sang Froid N°1

fanzine-tsptsf-num1-mini.jpg

A prix libre et en téléchargement ici

 

 ________________________________

 

Journal Sans Remède  :

sansremede.fr/

 

N°01 :

sansremede-v2.jpg

    N°02 :

sans-remede-2.jpg

 

 

 

Docs à télécharger

huma-tournur-pronom-copie-1.jpg

Les tournures pronominales réfléchies :
indice langagier d’une idéologie néolibérale banalisée
Lien Huma 
_________________
Tract-retraites.jpg
Tract retraites par l'AG de formateurs  
en travail social,
travailleurs sociaux en poste, ou non 
_________________
flyer-zone-gratuite-v1-mini-copie-1.jpg
19/20 Juin 2010 : Zone de Gratuité
à Anis Gras dans le cadre du
WE Travail Social et Engagements 3 : 
Action Sociale: Gestiopathie du contrôle  
_________________      
les 70 propositions du
Rapprot Varinard
_________________
Article L'Humanité du 16 Février 2009
sur l'inauguration de la Place Hortefeux
_________________
Tract NON à la délation
_________________

Débat autour de la question
des rapports sociauxde sexe dans le
travail social par Tomas Guenichon
________________



Liens