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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 20:51

Après "l’évacuation" de la Bourse du travail par la force, le 24 juin par l'UD-CGT de Paris, les expulsés ont besoin de quelques trucs assez essentiels qui leur manque que vous pouvez venir déposer le mardi soir (vers 18h30-19h) pendant les réunions du collectif NRV qui sont au local de la CNT (33 rue des vignolles).

 

Voici la liste des choses qui leurs manques :

 

- Couvertures


- Denrées alimentaires non périssables (telles boites de conserve..) dont particulièrement :
riz/concentré de tomate/lait en poudre classique/EAU/gâteaux/huile/sucre/café


- Dolipranne ou autre (maux de cranes avec la chaleur et le manqued'eau ...)

Il y a une réu mercredi soir là bas pour activer le réseau. Donc passez demain à la réunion du collectif afin qu'on leur donne tout ça mercredi!

 

Voici le lien de CSP 75 (Coordination de Sans Papier 75) pour plus d'infos: http://bourse.occupee.free.fr/

 

Merci à tous !

 

 

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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 02:34

Voici le nouveau projet du collectif:





WEEK END DU  4 ET 5 JUILLET  
"COMMENT CAS(S)ER DES OEUFS SANS FAIRE D'OMELETTE"
 Travail Social et Engagement 2ème Edition

à la CIP-IDF (Coordination Nationale des Intermittents et Précaires)
14-16 Quai de la Charente, 75019 Paris (Métro Corentin Cariou)



Dans cette deuxième année de "Tavail Social et Engagement", le collectif NRV a choisi de s'intéresser de plus près aux notions de logement et d'hebergement ainsi que sur celle de l'enferment.

Voici le programme et le déroulé du Week End:

Samedi 4 Juillet:

13h -  Ouverture du week-end, café digestif.

 

14h - Table ronde :

      Contrôler et Cas(s)er : Logement, quelle alternative au manque  de  moyens ?


L'accompagnement social au logement, s'il mène parfois à l'hébergement- CHRS, FJT, Résidence sociale, etc. - a souvent pour conséquence l'enkystement dans des dispositifs étatiques contraignants, normatifs et stigmatisants. Nous discuterons des solutions alternatives possibles d'habitation : Habiter, c'est choisir un lieu, l'investir, le faire vivre, au-delà du toit.

 

Intervenant(e)s :

Fadila, assistante sociale, interviendra sur l'application de la loi DALO après avoir établi un constat sur le logement en Région Parisienne,

Le collectif de soutien aux demandeurs d'asile d'Angers témoignera de ses actions : occupations de lieux pour permettre le relogement,

Guillaume, éducateur spécialisé et Noémie, architecte, nous parleront de l'Intersquat et du DALAS (Droit au logement autogéré et social),

Militants, habitants, travailleurs sociaux, squatteurs et personnes concernées par l'hébergement d'urgence viendront alimenter le débat.

 

 18h - Apéro

 

19h - Bouffe végét' à prix libre.

 

20h - Concerts :   


Pizko Mc -
Rap militant (Paris),

Necrofilles - Riot girls Punk Garage (Angers)

Monocle - Rock noise expé (Le Mans).



Dimanche 5 Juillet


14h
-  Accueil, grignotage & café.

 

15h - Projection du documentaire de Patric Jean « La raison du plus fort » (2004)

Au lieu de combattre la pauvreté, on combat les pauvres. L'Europe : ses quartiers riches et ses banlieues de misère où se généralise la « tolérance zéro ». On construit une prison quand on ferme une usine. Les pauvres en général et les jeunes issus de l'immigration en particulier sont l'objet de toutes les peurs. Passant de l'autre côté du miroir et brisant les clichés, le film les montre dans leur humanité, dans une rue, une prison, un tribunal ou une cave de cité, avec leurs émotions, leurs envies, leurs peurs et leur désespoir. Loin d'une image de la démocratie européenne où tous ont leur chance, le film, prenant à témoin la France et la Belgique, offre un regard critique et émouvant sur une société parfois sordide et brutale, la nôtre.

« Quelle drôle d'époque ! Que sommes-nous en train de faire ? Avons-nous perdu la raison ? »

 

16h - Table ronde :

      Surveiller et punir : Qui enferme-t-on ?  Pourquoi? En prison et au delà ?


Dans un climat liberticide, face à des lois de plus en plus répressives et restrictives tendant à un contrôle, à  une uniformisation des sujets, à la mise à l'écart et à l'enfermement la violence symbolique  est indéniable. ''Taulards'', ''fous'', ''jeunes'', ''immigrés'', ''clodos'', ''putes''... subissent de front les effets de la stigmatisation, de la catégorisation à outrance sous couvert d'un idéal falsifié de monde social unifié. La surveillance et la punition sont-elles les nouvelles devises de notre organisation sociale?

Qui enferme-t-on aujourd'hui? Pourquoi? En prison et au delà?

 

Intervenant(e)s :

Claude Catherine, présidente de l'ARPPI (Association pour le Respect des Proches des Personnes  d'Incarcérés) interviendra autour de la question de l'enfermement, des prisons et du ''traitement'' des proches des personnes incarcérées.

Philippe Bichon, médecin psychiatre, nous fera partager son expérience à la clinique de Laborde.

Gaël, militant du collectif de solidarité avec les inculpés du centre de rétention de Vincennes: Interviendra  sur les violences légales faites aux sans papiers. (arrestations, rafles, rétention de sureté).

 

19h - Apéro  di-notoire

 

20h - Soirée Musicale avec Bruno Daraquy, qui interprétera des textes de Gaston Couté.


Entre les débats, 
Coin pour enfants sera assuré pendant les débats,
Expos: "Occupation par les sans papiers de la bourse du travail" Laura Genz

Mais aussi des films, des Concerts, des Tables de Presse  ...

 



Programme complet en PDF :  ici

Plan d'accès : ici 

VENEZ NOMBREUX(SES) ET PARLEZ EN AUTOUR DE VOUS!

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 02:04

 

MAJ : ATTENTION ! Le débat est annulé  !!!!


Les causes seront très bientôt expliquées plus clairement.

Merci et désolé.

Le Collectif Nous Restons Vigilants. 





Le collectif NRV vous invite à un débat autour du thème de

"l'Enfermement"
Le 29 Mai à L'IRTS Parmentier 

Au programme, des débats autour:

- Les sanctions éducatives

- Justice des victimes et Nouvelle pénologie 

- De l'enfant au mineur

Entrée Libre.

IRTS Parmentier : 145 Avenue Parmeniter. Métro Goncourt.

Venez nombreux-ses!

 





     

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 01:40
Marcel Jaeger, Directeur de l'IRTS de Montrouge et membre du Conseil Supérieur du Travail Social, a exprimé dans un texte intitulé « Les limites du travail social » (disponible en bas cet article) et publié en décembre 2008 dans la rubrique « Libre propos » des ASH magazine son point de vue sur ce que sont aujourd'hui tout ou partie (on ne sait à le lire) des « usagers » du travail social.

Que nous dit-il ? « Il arrive que le travail social soit perdant. Et non à cause des politiques qui le contournent, l'instrumentalisent ou nient purement et simplement son utilité. Mais parfois du fait de ceux qu'il est convenu de nommer des usagers et qui restent rétifs aux intentions les plus philanthropiques. Dans certains cas, le mépris ou l'indifférence de ces usagers laissent place à une agressivité qui peut basculer dans une violence ouverte à l'encontre de ceux qui se destinent à les aider [...] après les publics cibles les professionnels cibles ? ».

Ce texte est inquiétant à plusieurs titres. Premièrement en raison des raccourcis qu'il opère et des facilités de raisonnement qu'il s'autorise. Prenons un exemple. Contrairement à ce qu'écrit M. Jaeger, « les incidents récents ayant affecté [son] IRTS » ne fournissent pas « l'occasion de s'interroger sur ce qui pourrait apparaître comme un paradoxe insoutenable et qui n'est qu'un constat familier pour beaucoup de travailleurs sociaux », à savoir celui de la violence et de l'agressivité des « usagers » envers les travailleurs sociaux, tout simplement parce que rien ne permet de dire que ce sont des personnes accompagnées par des services sociaux qui ont incendié les cuisines de l'IRTS de Montrouge ni que c'était le travail social qui était visé dans cet incendie. Rien ne prouve en effet, en l'état, que l'incendie a été provoqué par un jeune du quartier et, quand bien même nous ferions cette hypothèse, ce fait divers n'illustre strictement rien des rapports entre « usagers » et travailleurs sociaux vu que ni l'IRTS de Montrouge ni les élèves de celui-ci ne s'occupent des jeunes du quartier. Par contre, le raisonnement tenu nous semble illustratif de préjugés sur les jeunes vivants à proximité de l'IRTS de Montrouge : s'ils sont agressifs et incendiaires, alors ils sont certainement « usagers » du social et si l'IRTS est attaqué c'est certainement pour attaquer le travail social dans son ensemble.

La réalité est plus terre à terre : tout d'abord l'interdiction faite aux jeunes du quartier d'utiliser la machine à café de l'école et de s'asseoir dans le hall les jours de pluie, l'apparition de caméras et de vigiles pour faire respecter le caractère privé des lieux, des jeunes hommes du quartier qui draguent parfois lourdement les élèves femmes de l'IRTS, la tension qui monte avec les vigiles, une altercation puis une intervention de police, puis ensuite, l'incendie de la cuisine de l'école, peut-être en représailles de la part d'un ou des jeunes du quartier (mais il ne s'agit que des supputations de M. Jaeger, aucune constatation ne le prouve ni même ne le suggère). Que la direction de l'IRTS et une partie des élèves ne supportent pas la présence de ces jeunes du quartier, convenons-en, mais rien ne permet en tout cas de dire que le travail social était visé en tant que tel dans l'incendie de la cuisine de l'IRTS.

Mais après tout peu importe que le prétexte au procès en sorcellerie entamé par M. Jaeger ne soit pas le bon, car il y a en effet plus grave dans le propos défendu par celui-ci. Après un rappel de pure forme, évacué en quelques mots, de la violence de la société envers les plus vulnérables, l'auteur procède en effet à la condamnation sans appel de l'« usager » agressif et au passage du travail social lui-même. Que nous dit-il ? Que la violence de la société, son inégalité, les contraintes et les réductions de liberté de choix existentiels qu'elle impose, ne sauraient en aucun cas justifier ni même expliquer l'agressivité et la violence des « usagers » du social, nous citons : « l'explication paraît un peu courte si elle en reste là », en effet « il serait trop simple d'affirmer que les usagers se rebiffent, comme si leur violence possédait la légitimité d'une contre-violence, c'est-à-dire d'une violence venant en second, alimentée par une autre qui, bien entendu, ne peut être que celle de l'institution. » Mais pourquoi agressent-ils alors ? Parce qu'ils sont fous nous dit M. Jaeger, qui sans citer la moindre étude empirique, affirme que ces « usagers » souffrent de « fonctionnements individuels particulièrement perturbés », se signalant par des « violences pathologiques extrêmes » et des « conduites déconcertantes avec de nouvelles formes de passages à l'acte, de perturbations dans le rapport à l'autre ».

Il faut dire clairement ce que cache ce discours psychologisant. Il n'est que l'énoncé d'un jugement d'anormalité, un jugement moral et de sens commun prononcé sous la forme du discours savant. Ce jugement renonce ici à expliquer quoi que ce soit pour n'être que classant et excluant. Le discours dérape en définissant sans le dire le normal et le pathologique et en niant ce que cette définition a de profondément social, c'est-à-dire d'inscrit dans des rapports sociaux, des rapports de force. Il nie le sens social de la prétendue agressivité des usagers en la transformant en maladie mentale.

Or nommer n'est pas expliquer. Qualifier des actes ou des mots de « violences pathologiques extrêmes » produit certes son petit effet de savoir et de pouvoir de celui qui sait, mais n'explique rien. D'où viendrait donc la folie de l'usager et quelle serait alors la fonction de l'agressivité ? Force est de constater que l'explication sociologique par l'inégalité, par la domination et la violence institutionnelle n'est pas moins pertinente. Au moins la pauvreté de l'explication jaegerienne nous rassure sur ce point.
 
L'auteur crée aussi son petit effet alarmiste en citant une seule et unique donnée empirique à l'appui de sa thèse, tirée d'une enquête de la DARES et qui établit que 38,5% des travailleurs sociaux ont été victimes d'agression dans l'année passée (sans préciser qu'il s'agit très majoritairement d'agressions verbales). 
C'est le genre d'annonce qui ne veut rien dire lorsqu'on ne resitue pas ce niveau d'agression dans son contexte plus général des agressions subies par les salariés en contact avec du public. L'enquête SUMER 2003 de la DARES , montre qu'au delà des seuls travailleurs sociaux ce sont globalement 25% des salariés en contact avec le public qui ont subi une agression verbale ou parfois physique au cours d'une année. Les salariés les plus agressés ne sont pas les travailleurs sociaux, mais les guichetiers des postes (50% d'entre eux), les employés de banque (45% d'entre eux), les infirmiers (45% d'entre eux), les agents de sécurité (40% d'entre eux), les employés du transport (39% d'entre eux). Les travailleurs sociaux n'arrivent qu'en sixième position, à peine devant les médecins, les chauffeurs de car et les hôtesses d'accueil ...

On voit ici l'effet de persuasion résultant du procédé consistant à extraire les agressions subies par les travailleurs sociaux du contexte plus général des agressions subies par tous types de salariés. Cela persuade que les travailleurs sociaux sont spécifiquement menacés, parce qu'ils sont travailleurs sociaux, par des « usagers » dérangés mentalement. Peut-être l'auteur nous expliquera-t-il prochainement que ce sont ces mêmes « usagers » du social, dérangés, violents et agressifs, qui ont aussi agressé 45% des employés de banque ...
C'est cette faiblesse du procédé argumentatif, voire sa malhonnêteté, qui nous conduit à penser que l'auteur vise à stigmatiser spécifiquement les personnes accompagnées par le travail social et à en faire des personnes dérangées et agressives, comme si la violence n'était pas présente plus généralement dans tous les rapports de guichets aux institutions publiques et aux entreprises. Cela revient à jeter de l'huile sur le feu, à créer de la défiance entre travailleurs sociaux et personnes accompagnées et peut-être au final à produire et à renforcer, par un effet de prédiction auto-réalisatrice, la violence réciproque entre « usagers » et travailleurs sociaux.
 
Au fond c'est la fin d'une certaine forme de travail social qui se trouve assumée ici. D'abord ce que nous dit ce texte est que pour de plus en plus d'« usagers » perturbés, le travail social ne peut rien faire. Ensuite ce texte en termine avec un travail social cherchant à porter un regard distancié tant à l'égard des définitions - toujours situées dans le temps et l'espace - de la maladie, qu'à l'égard des normes des dominants et de leur impositions à ceux qui perdent toujours au grand jeu de la société. Ce texte ne fait en effet qu'adhérer à un principe de jugement moral sur ceux qui seraient déviants et insensés. Enfin c'en est fini ici de la tolérance et de la confiance envers les personnes accompagnées, lorsque l'auteur nous dit « si la confiance dans les usagers reste indispensable, la méfiance dans les discours bien pensant à leur sujet ne l'est pas moins », nous parions qu'il ne parle pas tant de méfiance envers les discours angéliques sur les « usagers », que de méfiance envers les personnes accompagnées elles-mêmes.
 
Collectif NRV.

_____________________________
Article en réponse à l'article de Marcel Jaeger publié dans les ASH de Décembre 2008

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 12:16

Professionnels et-ou utilisateurs des services sociaux


La Coordination des Collectifs ANTIDELATION Région parisienne vous invite :


REUNION PUBLIQUE D’INFORMATION-DEBAT

« Travail social et Contrôle social »


Mardi 28 Avril 2009 de 18h30 à 21h

 

 

Bourse du Travail 3 rue de château d’eau Paris 10ème (métro République)

http://antidelation.lautre.net/

programme à télécharger :

 

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 16:48

Salut à tous !

 

Mardi 17 mars , le collectif ouvre sa réunion hebdomadaire à ceux qui souhaitent venir disctuter, débattre, philosopher de l'actualité, de nos pratiques, liées au social..  c'est aussi (et surtout) l'occas de prendre un verre avec nous et de se rencontrer.

 

D'ordinaire les réunions du collectif ne sont pas vraiment un espace à huis clos... c'est même tout le contraire. Donc nous ne ferons qu'ouvrir un peu plus des portes grandes ouvertes...


vous etes donc les bienvenues le mardi 17 Mard à 18h30 au 33 rue des vignoles (metro avron ou buzenval) au local CNT. 

A mardi !
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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 12:08

3 Dates contre l’enfermement des mineurs proposées par la CNT santé social


Lundi 23 février 2009 de 19h30 à 21h00 : Des formations qui enferment

Emission consacrée à l’évolution des formations de l’éducation spécialisée et du travail social. Des formateurs, des travailleurs sociaux en formation, des salariés de l’éducation et du travail social s’interrogeront pour savoir jusqu’où vont nous enfermer les formations et vers quelles pratiques enfermantes elles nous mènent.

Le Monde Merveilleux du Travail, l’émission du syndicat CNT santé social & CT, de 19h30 à 21h sur Radio Libertaire (89.4 FM ou sur internet à : http://rl.federation-anarchiste.org/)

Jeudi 12 Mars à 18h00 : Ni à Meaux-Choconin, ni ailleurs !

Rassemblement devant l’administration pénitentiaire pour protester contre l’ouverture de l’EPM (établissement pénitentiaire pour mineurs) de Meaux-Chauconin prévue pour le mois de mars et exiger la fermeture de tous les quartiers mineurs et des 6 autres EPM (Lavaur, Meyzieu, Orveault, Marseille, Quièvrechain, Porcheville) déjà en fonction. Départ en manifestation vers 19h jusqu’à la Fontaine des Innocents.

RDV à partir de 18h devant le siège de l’administration pénitentiaire, à l’angle de la rue du Renard et de la rue de la Verrerie - Métro Hôtel de Ville

Dimanche 15 mars à partir de 14h00 : Enfermer la jeunesse, un vrai projet de société ?

Projection suivie d’un débat avec Jean Luc Einaudi (éducateur PJJ et historien), l’OIP (sous réserve), l’ARPPI (association pour le respect des proches de personnes incarcérées), la section CNT PJJ 93, des travailleurs sociaux de la CNT... et en présence du collectif antidélation IDF et du collectif NRV

Restauration à prix libre, tables de presse, animation musicale avec Bruno Daraqui et apéro pour clore la journée.
Au local de la CNT, 33 rue des Vignoles - 75020 Paris - Métro Avron ou Buzenval / Entrée libre

 

Le programme complet

Voir l’affiche

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 02:16

Voici le programme de la journée organisée par le collectif Utopsy.

Le collectif NRV participera aux différents débats de cette journée qui semble très intéressante...

 

 

Entrée Libre

9h – 18h 

La Parole Errante à la Maison de l'Arbre 
Montreuil 


9 rue François Debergue
Métro Croix de Chavaux 

http://utopsy.over-blog.fr/

Inscriptions sur le site:

http://www.collectifpsychiatrie.fr/phpPetitions/index.php?petition=5&pour_voir=oui 



« Si tu joues au policier, ils joueront aux bandits. Si tu joues au bon Dieu, ils joueront aux diables. Si tu joues au geôlier, ils joueront aux prisonniers. Si tu es toi-même, ils seront bien embêtés. » 

« Méfie toi des solutions immédiates: il ne sert à rien de brancher une lampe à pétrole sur du courant électrique ». 

Fernand DELIGNY 

 Depuis décembre, la psychiatrie est en ébullition, sa réforme annoncée avance à grand pas. Dans le même temps la résistance et les propositions alternatives s’organisent. 
C'est en partant de l'articulation permanente entre clinique et politique qu'Utopsy s'est créée, c'est en tirant ce fil que nous entendons poursuivre. Ainsi, dans l'appel d'Utopsy nous nous demandions « A quelle place nous convoque-t-on dans le champ social ? A quelle place voulons-nous être? ». 

Quelles sont actuellement les exigences cliniques et éthiques minimales sur lesquelles il s'agira de ne pas céder? 
Nous tenterons d'approcher cette question par plusieurs biais: la clinique de l'enfance en difficulté, les citoyens en marge du dispositif, le forum de la nuit sécuritaire et enfin la question de la formation. 

 
Des « charmantes têtes blondes » aux « graines de crapules » 
Nous partirons des manifestations échappant quelque peu à la nosologie classique: troubles de l'apprentissage, du comportement et autres carences. Devons nous considérer leur médicalisation à outrance, le tout éducatif et la judiciarisation comme des ratés d'une prise en charge dont les alternatives restent à inventer? Quels en sont le effets dans la réalité quotidienne, comment soutenir des espaces de travail possibles ? 
 
« Handicapés du soin? » 
Quelles sont les spécificités du travail avec les enfants dits « handicapés mentaux » qui se trouvent « orientés » vers le secteur médico-social? Comment combattre le clivage politique qui met d'un côté les malades à soigner et de l’autre les handicapés à rééduquer ? Comment faire pour que Subjectivation et Parole puissent être accessibles à tous ? 

 « Aux marges: précarité et déviance » 
Quel mode de traitement actuel des patients exclus (ou résistants?) des prises en charges conventionnelles? Comment penser le soin psychique en prison et dans la rue? Faut il y voir un mode particulier de gestion de la folie, de la maladie chronique, d'une certaine clinique ou n'est ce que le symptôme insistant de la déchirure du lien social ? « On juge du degré de civilisation d’une société à la manière dont elle traite ses marges, ses fous et ses déviants» nous répète sans cesse Lucien Bonnafé. 
 
Forum de « La nuit sécuritaire » 

« Nous sommes tous des schizophrènes dangereux » fut le mot d'ordre lancé par le collectif des 39. Au delà de la formule, c'est de « la valeur humaine (ou non) de la folie » dont il est question dans la réforme actuelle de la psychiatrie.

Programme:


Matinée
La clinique de l’enfance en difficulté : des « charmantes têtes blondes » aux « graines de crapules »

Présidents de séance : Mathieu Bellahsen, Florent Gabarron, Valérie Vallet
Discutants : Pédro Serra , Roger Ferreri, Jean Claude Polack

9h00 accueil

9h15 introduction par Loriane Brunessaux, présidente d’Utopsy, interne en psychiatrie

9h30 De l’enfant à éduquer au mineur à réprimer, réflexions autour du rapport Varinard 

- Hélène Franco, membre du Syndicat de la magistrature, juge des enfants à Bobigny
- Francis Bailleau, sociologue au CNRS, spécialiste de la justice des mineurs
- Lysia Edelstein, psychologue clinicienne, protection judiciaire de la jeunesse
- Collectif NRV(« Nous Restons Vigilants »), collectif de travailleurs sociaux

10h30 Handicapés du soin? 

- Pascal Ollivier, psychologue clinicien, collectif « sauvons le soin psychique »
- Daniel Calin, agrégé de philosophie et formateur d’enseignants spécialisés, pétition « les élèves en difficulté à l'école ne sont pas tous des enfants handicapés »
- FNAREN , Fédération Nationale des Associations de Rééducateurs de l’Education Nationale, « sauvons les RASED»

11h30 Fichés, dépistés, expulsés : finie la récré ! 

- Collectif Pas de zéro de conduite
- Roman Pétrouchine, interne en psychiatrie, « le diagnostic: enjeux cliniques et/ou politique»
- Elric Borderie, professeur des écoles à Lyon, fichier Base-élèves
- Angélique Del Rey, professeur de philosophie, groupe RESF miroir, Réseau Education Sans Frontière

12h30 Repas 


Après-midi

Présidents de séance : Loriane Brunessaux, Alexandra Deseguin, Guillaume Lecarpentier
Discutants : Patrick Chemla, Josée Manenti

13h30 Aux marges: précarité et déviance 

- Valérie Marange, comédienne, collectif intermittents et précaires
- Catherine Paulet, psychiatre à la prison des Baumettes à Marseille et présidente de l’ASPMP « Psychiatrie et milieu pénitentiaire »
- Catherine Herszberg, auteur de « Fresnes, histoires de fous »
- Roger Ferreri, psychiatre ou psychanalyste, pétition « non à la perpétuité sur ordonnance»
- Jean-Pierre Martin, psychiatre, « psychiatrie et précarités »

14h30 Amitié, accueil et chemins de traverse 

- Alain Abrieu, psychiatre de secteur, CH Edouard Toulouse Marseille, « réflexions autour de la notion d'accueil »
- Francis Bérezné, artiste peintre, « Sur l'amitié dans les institutions psychiatriques »
- Bertrand Ogilvie, philosophe et psychanalyste, auteur de « l'autisme sans frontières: une amitié sans contours »
- UNAFAM

Intermède Collectif SOS (SOlidarité Santé)

15h30 Forum de « La nuit sécuritaire »

17h30 Dé-formation[s]? 

- Yves Gigou, infirmier psychiatrique,formateur aux CEMEA (Centre d'Entraînement aux Méthodes d'Education Active)
- Dominique Besnard, psychologue et directeur des Politiques Sociales aux CEMEA
- Serge Klopp, cadre infirmier, « réflexion autour d'un diplôme spécialisé »
- Mathieu Le Mentec, infirmier diplômé d’état,
- Olivier Labouret, psychiatre de secteur, « Un savoir sans limites: de la psychiatrie comme instrument de propagande»
- Mathieu Bellahsen, interne en psychiatrie, président de l’AFFEP (Association Fédérative pour la Formation des Etudiants en Psychiatrie)
- Bénédicte Maurin, éducatrice spécialisée, « la formation dans le médico-social »
- Olivier Douville, psychanalyste, maître de conférences en psychologie clinique
- Florent Gabarron, professeur de philosophie, étudiant en psychologie

18h30 Conclusion: Loriane Brunessaux et Mathieu Bellahsen
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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 02:29
Nous souhaitons revenir ici sur les phénomènes de procès d’intention et de principe de précaution qui se sont multipliés ces derniers temps notamment au sein de l'affaire des inculpés de Tarnac, de la reforme de la psychiatrie, de la loi sur la rétention de sûreté ou encore autour de la mobilisation « pas de zéro de conduite » suite à l’expertise de l’INSERM qui préconisait le dépistage de « trouble de conduite » chez l’enfant interprété comme des prémices de passages à l’acte délinquant à l’adolescence. La mise en lien de ces différents exemples n'est pas immédiate et évidente; ce qui nous a interpellé à travers eux c’est l’apparition d’un espace légal dans lequel l’abus d’autorité est possible puisque basé sur un principe de précaution appliqué à l’humain.

Si le secteur du travail social suscite aujourd’hui tant d’intérêt c’est peut être qu’à travers sa pensée et sa mise en œuvre il donne à voir quelque chose de la capacité des hommes à vivre ensemble à une époque donnée, à faire ensemble, à créer du lien et donc à faire société. Et pour faire société, chaque citoyen doit être mobilisé dans ses capacités d’accueil de son prochain, dans sa capacité à créer du lien en acceptant l’autre comme semblable et différent, donc en s’ouvrant à la dimension de l’altérité. Faire société, c’est construire du commun avec les différences.

Depuis la fin de la monarchie absolue, la société ne juge pas un homme pour ce qu’il est ou pourrait être mais pour ce qu’il a fait, et en ce domaine, les citoyens sont sensés être égaux devant la loi. Dans le modèle d’après guerre (en matière pénale), l’homme coupable était puni en fonction des actes commis et des responsabilités correspondantes. Adaptée à sa faute et à sa personne, la peine pouvait s’ouvrir à un projet de réinsertion social. Nous partons du postula qu’il ne peut y avoir d’accès à l’autonomie, au vivre ensemble, en dehors d’une assise juridique qui énonce les règles nécessaires pour vivre en société. 
Un droit est une garantie collective, légalement institué, qui au-delà des particularités de l’individu lui reconnais le statut de membre à par entière de la société.

Nous assistons depuis quelques années à un glissement de la fonction de l’Etat vers le tout sécuritaire dans un contexte politique voué à l’idéologie du tout répressif, soutenu par le mythe du moindre risque, ou risque zéro. Mythe car on ne pourra jamais supprimer la possibilité d’un risque. Cette tentative nous conduirait dans une impasse de contrôle et de répression totale. Comme l’écrit Robert Castel dans « L’insécurité sociale », nos sociétés sont organisé « autour d’une dimension proprement infini d’aspiration à la sécurité ». Aspiration qui ne peut qu’être frustrée car inatteignable de manière totale et parfaite, et qui place de nouveaux seuils d’exigence dès que les précédents ont été atteint, générant alors une escalade sans fin des dispositions répondant au principe de précaution.

Or confondre une culpabilité potentielle avec une faute ou un crime réel, c’est disqualifier la possibilité même de justice. Dans cette logique des procès d’intention, tout le monde peut être coupable et aucun élément objectif ne peut valider cette certitude. Mais si tout le monde est coupable, alors plus personne ne l’est. 
En anticipant et en répriment un possible acte transgressif, une évolution de comportements d’enfants dès leur plus jeunes ages, interprété comme le signe d’une délinquance éventuelle, on crée un espace de bannissement hors social.

Tout cela constitue des basculements idéologiques extrêmement graves de la conception de l’humain et de ce qui fait société. D’autant plus grave que les gouvernements successifs ont déjà légiféré dans ce sens ou sont en train de le faire.
Nous entrons dans une ère du procès d’intention. Quel lien y a-t-il entre des enfants (de zéro à trois ans) ayant des troubles du comportement, des militants anarchistes à Tarnac, des psychotiques hospitalisés sous contrainte et des criminels dits « dangereux ». Une réponse par l’enfermement, l’isolement (y compris chimique), la rupture du lien social, à des « troubles sociaux » supposés et pensés en terme de déficience normative. Il s’agit d’une politique d’élimination, de suppression de la possibilité de déviance avec comme arrière fond, l’idée de pureté. La déviance est une transgression qui doit être punissable.
 Il y a ici quelque chose de pathologique dans cette conception de l’homme sans faille car cela nie jusqu’à l’existence d’une ambivalence, de violence, de désir de transgression en chacun d’entre nous (rien n’est jamais tout bien ou tout mal).

Chaque évènement dramatique et médiatique est exploité pour saisir l’émotion du public afin de légiférer. On créé de l’effroi, on en appelle aux angoisses et aux pulsions annihilant ainsi toute réflexion. Mais le défit qui s’impose à nous collectivement pour accueillir un passage à l’acte violent sans recourir à cette politique d’élimination est justement notre capacité de réflexion collective. Tous ces évènements, lois ou projets de lois ont en commun qu’ils s'appuient sur des projections, ils projettent nos propres peurs, angoisses sur des pensées ou des actes supposés futurs d’individus non-conformes à la norme. Mais comment prévenir le futur ? Les experts psychiatres ne sont pas infaillibles, et quoi qu’il en soit, ils ne peuvent et ne doivent être responsables de la pensée et des actes des gens. Leur science n’est par définition pas infaillible et leur fonction est de soigner de manière singulière.
Nous créons ainsi un imaginaire collectif où le danger serait partout et où nous nous projetons en futures victimes. Face à ce risque insupportable, cette angoisse permanente, l’Etat répond en anticipant, après tout, il ne veut que notre bien, de même qu’il ne veut que le bien des enfants dit violents que les méthodes bio comportementales vont remettre dans le droit chemin. Mais « vouloir le bien de l’autre, c’est la pire des tyrannies » (Kant). Nous sommes citoyens d’un état de sûreté permanent mais sommes-nous toujours citoyens ? Le risque dans chaque société, c’est le prix du vivant. La vie est un risque parce que de l’incontrôlable est inscrit dans son déroulement ; Le plus grand des risques serait de ne plus pouvoir en prendre. 
Le projet serait donc de créer des imaginaires en s’appuyant sur l’émotion de l’opinion, le discourt politique et le récit médiatique comme le révèle certaine lois et événements récent.
En effet, les jeunes « anarcho autonomes » de Tarnac sont présumés être innocents avant d’avoir été reconnus coupables (présomption d’innocence), mais leur diabolisation politique et médiatique les a présenté comme coupables des faits (lesquels ?) et comme de dangereux terroristes. Leur mode de vie et leurs idées semblent avoir conditionné la certitude de leur responsabilité. On peut se demander si l’objectif sous-jacent n'était pas tant de trouver des coupables à ces actes de sabotages mais de créer un imaginaire collectif assimilant l’extrême gauche, les mouvements sociaux militants au terrorisme, à l’absence de raison, à un danger pour la société. « Nous n’hésitons pas à produire des victimes imaginaires pour justifier des choix radicaux présumés plus protecteurs »1
Dans le cas de la rétention de sûreté il s’agit d’éliminer des « gens en trop » en s’appuyant sur des objets de haine, les violeurs, les pédophiles. Les personnes condamnées à 15 ans de réclusion criminelle ou plus peuvent être retenues à l’issue de leur peine en centres de rétention de sûreté s'ils présentent une particulière dangerosité. Ainsi nous ne détiendrons plus l’individu en raison de ses actes mais pour la destinée que nous avons prévue pour lui. Et pour légitimer cette démarche, nous nous appuyons sur la science, par le biais d’expertises, pour évaluer le degré de dangerosité. En votant cette loi, les parlementaires ont reconnu qu’il existe des critères objectifs pour mesurer la subjectivité d’un être humain.
Quant à la réforme de la psychiatrie, elle propose, entre autre, de durcir les conditions de sortie des hospitalisations sous contrainte, la surveillance de ces patients sous bracelet électronique, l’obligation de soin en ambulatoire. Un amalgame permanent est entretenu entre fou et délinquant. Aujourd’hui dans l’opinion, dans les médias le mot schizophrène est très généralement associé à une notion de danger.
Le rapport de l’INSERM indiquait que des « troubles comportementaux » chez l’enfant annonceraient un parcours vers la délinquance. Pour y échapper, il faudrait soumettre l’enfant (entre zéro et trois ans) à des tests évaluant le degré de déviance à une norme établie sur des bases comportementales ; Puis, à partir de six ans, l’administration de médicaments. Ce projet, incorporé à des rapports législatifs sur la prévention de la délinquance, risquait d’entraîner un formatage des comportements des enfants, une forme de toxicomanie infantile, la prise en compte des symptômes comme facteurs prédictifs de délinquance, ceux-ci étant isolés de leur signification dans le parcours de l’enfant.

Dans les sociétés préindustrielles, le danger était cristallisé par la figure du vagabond, qui représentait une menace car agissant en dehors de tout système de régulation collective. Il était l’individu disqualifié par excellence, à la foi hors inscription sociale et hors travail. Le pouvoir n’a eu de cesse durant les siècles de chercher à éradiquer cette menace de subversion et d’insécurité. 
Puis, au XIXe siècle, ce rôle fut joué par les classes laborieuses identifiées comme « classes dangereuses ». Aujourd’hui, les mises en scènes médiatiques et politiques des situations des banlieues, des étrangers, des fous, font porter à ces populations la menace qui nourrit le sentiment d’insécurité.
Les personnes vivant en marge, ne collant pas à nos critères de normalité (qui nous permettent de nous définir comme tels), s’inscrivant dans des démarches militantes refusant l’idéologie dominante, condamnées par la justice pour des faits graves, ces personnes ne représenteraient elles pas les nouvelles figures de subversion de l’ordre social. En ne se pliant pas à l’ordre établi, ces personnes viennent interroger la norme dominante et les orientations actuelles visent à éliminer les paroles et les questionnements qu’elles introduisent dans l’espace social. Donc la possibilité de questionner la norme et l’humain.
 L’avantage de ces stratégies est d’éviter de prendre en compte et en charge (et donc en coût) les questions complexes du chômage, des inégalités sociales (qui sont à la source du sentiment d’insécurité), mais aussi, l’accompagnement au long court des malades mentaux, des délinquants sexuels…Nous pouvons nous interroger s’il s’agit d’un déplacement orchestré par le pouvoir vers de nouvelles figures de canalisation des peurs sur le modèle des « classes dangereuses » ; ou bien s’il s’agit d’un projet global d’élimination de toutes formes de déviance, qui, dans un souci de sensibilisation de l’opinion, commencerait par attaquer les cibles les plus faibles ou les plus « faciles » ; Une foi cette politique acceptée et intégrée comme étant nécessaire, elle pourrait alors s’étendre à chaque membre de la société. Ces personnes stigmatisées serviraient le discours de légitimation qu’accompagnent les politiques de la peur pour, à terme, anéantir toute tolérance, toute expérimentation, tout droit à l’erreur, toutes différences. 
Nous n’en sommes heureusement pas encore là et, nous devons nous aussi nous méfier des fantasmes que ces politiques peuvent faire naître en nous. Il nous semble indispensable d’ouvrir le débat et de nous révolter face aux possibles qu’ouvrent ces dérives. 

 L’acte répressif ne serait plus déterminé par une action délictueuse ou criminelle (un acte avéré), mais pour prévenir un acte futur anticipé d’après un critère de « dangerosité », critère indéfinissable sinon à partir d’un écart à la norme dominante. Si le critère de sanction, de jugement est l’écart à cette norme, alors nous ne pouvons plus penser chaque situation comme étant singulière, unique, mais nous les pensons de manière systématisée, donc dans un déni des complexités du réel. Les « dispositifs de sécurité » sont un exemple actuel du déplacement d’un « modèle de réponse à l’acte ou de traitement des l’individus vers un modèle de régulation des espaces et des populations qui vivent dans un espace donnée »2 (les flux).
 Dans l’esprit du gouvernement, l’idée de défaillance ne peut avoir lieu d’être, et pour ce faire, le libre arbitre de chacun se référera à une autorité supérieure (légitimée par qui et par quoi ?) qui serait responsable de notre pensée (logique que l’on pourrait nommer d’Orwellienne). Cette politique pour se légitimité s’appuis sur une conception des sciences rationnelles, objectives et donc irréfutable.
Cette utilisation de la science au service de l’autorité n’est pas sans rappeler l’expérience de Milgram dans laquelle les personnes testées avaient délégué leur responsabilité personnelle à l’Université. Dans le conflit de valeur où ils avaient été plongés, ils ont fait passer la légitimité conférée par l’autorité scientifique avant les principes moraux qu’ils avaient conscience de trahir. 

La société de la pureté (que nous avons évoquée plus haut) est une société de perfection, donc une société mystique, se référant au divin (scientisme). Dans cette logique, « le punisseur n’est pas un juge qui sanctionne des délits, il est soit un médecin qui veut guérir, soit un prêtre qui veut sauver une âme »3. Dans cette société, l’homme doit être vertueux, ce qui renvoie à cette idée de perfection (vertu, du latin « virtus », mérite, perfection morale)4 . La vertu est une « bonne attitude », une disposition acquise, qui permet de se fondre dans la communauté et de corriger l’anomalie. Nous ne sommes pas dans une problématique de la loi et de la transgression, mais dans une problématique de la norme, dans une définition de l’humain. « Dans le domaine infini de l’à peu près conforme, tout devient pénalisable ». « Il n’y a pas de discursivité énonciatrice du possible et de l’interdit, pas de centralité de la loi »..5  

Il y a dans ce projet de société comme un fantasme de toute puissance, comme la mère omnipotente, de volonté de maîtrise absolue sur les autres et le monde. Mais cet état de toute puissance, étant inatteignable, ne peut que frustrer l’homme, et ainsi le lancer dans une course effrénée et sans limite de répression et de tolérance zéro. La haine peut être une forme de défense à la frustration. Pour Castel, « l’exaspération du souci sécuritaire engendre nécessairement sa propre frustration, qui nourrit le sentiment d’insécurité ». « La recherche de la sécurité absolue risque d’entrer en contradiction avec les principes de l’Etat de droit et bascule facilement en pulsion sécuritaire qui tourne à la chasse aux suspects et s’assouvit à travers la condamnation de boucs émissaires ».


« Une idée qui n'est pas dangereuse ne mérite pas d'être appelée une idée ». Oscar Wilde 


Anne et Gaby.
Collectif NRV
________________________
Denis Salas in « La volonté de punir, essai sur le populisme pénal », p100.
Denis Salas, opus cité, p43.
3 Eirick Prairat, « La Sanction, petites méditations à l’usage des éducateurs » , 28.
4 Le nouveau Littré, édition 2006, Garnier.
5 Eirick Prairat, opus cité, p 38/39.


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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 01:01
Brice Hortefeux, fidèle lieutenant de Sarkozy, vient de quitter son ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire, pour rejoindre celui du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville.
Cette nomination est symbolique puisqu’elle s’inscrit dans une logique idéologique globale qui s’appuie sur une politique de la peur.
Aujourd’hui la société française vit dans un climat d’insécurité sociale avec une montée des incertitudes concernant l’avenir, un fort taux de chômage, un marché du travail de plus en plus flexible et précarisé, une augmentation des inégalités et de la misère, la destruction des services publics et autres formes de protections collectives qui affaiblissent le lien social et les solidarités. Les risques sont multiples (industriels, écologiques, sanitaires…) et les crises inter dépendantes.

Face à ces risques, le pouvoir politique cherche à canaliser nos angoisses à travers la cristallisation de nos peurs individuelles et collectives sur quelques figures stigmatisées :
Le fou, le délinquant, l’étranger (Ceux-ci sont particulièrement propices à la méfiance et à la crainte car ils renvoient à une part d’inconnu, d’étrange). L’avantage de cette stratégie est d’éviter de prendre en compte et en charge les questions complexes aux sources du sentiment d’insécurité sociale, de les simplifier. Elle permet également d’éviter que le mécontentement social ne se transforme en prise de conscience qui alimenterait le rapport de force et la lutte globale contre les politiques libérales qui produisent une société d’individus atomisés. On donne ainsi un visage à l’ennemi, au danger et on le rend responsable de cette situation. Les étrangers non communautaires sont visés et le droit d’asile limité. Faute de pouvoir, de vouloir cibler la «menace», la riposte vise cet autre, l’étranger, qui peut le mieux incarner la cible qui se dérobe. Les immigrés sont un coût à éliminer, quels que soient les moyens employés. La politique d’immigration choisie en est le prolongement puisqu’elle n’accepte que les immigrés susceptibles d’être utiles à la France.

Cette politique institutionnalise un racisme déjà très présent dans la population, d’autant que la France ne parvient toujours pas à regarder les descendants de l’immigration coloniale comme des français à part entière.
En 2008, Hortefeux a dépassé ses objectifs avec un total de 29796 expulsions de « sans papiers ». D’après lui, « ces chiffres sont le signe et la preuve que, conformément aux souhaits de nos concitoyens, la France a enfin retrouvé la maîtrise de ses flux migratoires ». Mais derrière ces chiffres, déshumanisés, il y a une pression policière constante dans certains quartiers, des contrôles d’identité au faciès permanent, des rafles organisées, des arrestations devant des écoles, des personnes qui se défenestrent pour échapper à des arrestations, des familles séparées. Les raisons de l’immigration en France et les risques encourus au retour dans le pays d’origine ne sont jamais soulevées car l’autre singulier n’existe pas, il se fond dans la menace. Il s’agit de montrer à l’opinion que l’on fait du chiffre, que le gouvernement agit (démocratie d’opinion).

On peut se douter qu’Hortefeux, après avoir durcit les politiques d’immigration et de résidence sur le territoire dans la droite ligne du durcissement des politiques pénales, va dans son nouveau ministère continuer les politiques libérales qui précarisent le marché du travail et désengagent l’Etat de son rôle social. Ces politiques attribuent les inégalités au seul fait des individus, sans prendre en compte les raisons sociales, car elles en sont elles mêmes productrices. Ces politique de déréglementation et de dépérissement du secteur public s’accompagnent d’un renforcement d’un Etat autoritaire à même de contrôler l’extension d’un salariat précaire, silencieux, flexible à souhait, dont les travailleurs clandestins constitue une mains d’œuvre abondante.
Nous assistons aux mises en places de politiques « d’élimination » des marginaux, des hors normes, fous, pauvres, délinquants, personnes fragiles puisqu’elles sont inutiles à la société et entravent le système capitaliste et méritoire qu’entretient le gouvernement actuel. M. Hortefeux est nommé à un ministère qui englobe le travail et les relations sociales. Ainsi, nous devons nous interroger :

Dans quelle représentation des « populations » qu’accompagnent les travailleurs sociaux s’inscrira sa politique ? Quelle fonction sociale nous demandera t on d’incarner ? Comment penser que les orientations de M.Hortefeux, de même que plus largement celles du gouvernement actuel, entrent en résonance avec nos conceptions des métiers socio-éducatifs et de la relation d’aide. Celles-ci ne risquent t’elles pas de se transformer en relation de dépendance. La relation de pouvoir inhérente à notre profession pourra dans un tel contexte être déculpabilisée et légitimée, engendrant des dominations décomplexées de professionnels du champs socio-éducatif qui pourront, toutes pulsions dehors, juger les personnes qu’ils accompagnent, les classifier, les dénoncer…et cela, pour le bien commun !



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